Le troupeau de chevaux qui murmurait à l'oreille des hommes- Extrait 1

Pour célébrer Noël, je suis heureuse de vous partager un extrait de mon 2ème livre (mon premier livre en collaboration avec Apolline Loubradou étant déjà publié et disponible ici !).

Il s’agit d’une histoire de chevaux guérisseurs à la langue et au nez bien trempés, à destination des enfants mais qui a pour intention de faire sourire les adultes aussi !

J’attends vos commentaires et vos feedback pour continuer ce projet en 2020 !

Chapitre 1 – Les carottes oubliées

129 likes. C’est le score que j’ai atteint d’après les petits cris de joie de Juliette en regardant son Instagram. Ne me demandez pas si je sais à quoi ressemble Instagram, la réponse est non, mais je peux parfaitement imaginer un magnifique portrait de moi qui touche le cœur de centaines de cavaliers à travers le monde entier… Ça, oui. Mais est-ce bien le plus important ?

Je me présente. Nénuphar. Pur cheval connemara d’1m43. Pelage blanc de velours. Un don pour détendre tout enfant turbulent mais aussi pour apporter du baume au cœur à toutes les cavalière au cœur brisé et …. chef officiel du troupeau des écuries de la Bonne Etoile.

Dans la vie, je me dédie à l’école d’équitation des écuries : sauts d’obstacle, cross, dressage… J’ai depuis toujours aimé faire vivre à mes petits cavaliers des aventures torrides. Les voir repartir les yeux brillants, l’allure fière et le cœur gros comme un percheron, c’est ma mission. Mes valeureux services me valent de faire partie des chevaux dit « préférés » – ceux qu’on demande en avance pour le prochain cours (« Je peux monter Nénuphar encore la semaine prochaine ? S’il te plaît…. »), ceux qu’on pomponne avant les concours (j’avoue que les tresses ne sont pas pour me déplaire) et ceux pour qui on s’arrête dire bonjour lors de la balade du dimanche. C’est un grand honneur pour moi d’avoir une place dans tous ces petits cœurs.

Ceci étant… en ce moment…. Je note que le traitement réservé aux « chevaux préférés » laisse à désirer. Je n’ai pas voulu m’inquiéter et j’ai fait mon possible pour RE- LA – TI – VI – SER MAIS je note que cela fait plusieurs semaines que Juliette, ma cavalière du mardi soir oublie mes petites carottes du marché. Au début, j’ai pensé que j’avais pris de l’embonpoint, qu’elle voulait me faire faire une « opération bikini » pour l’été…. J’avais commencé à me regarder dans l’eau du lac, m’étudiant sous tous les profils, me demandant si j’allais pouvoir aller galoper sur la plage cet été…. Après l’oubli des carottes, il n’y pas eu de plage, ni de câlin « post super performance au cours de saut » : j’ai commencé à me dire que non seulement, je n’avais pas pris un gramme mais que je ne méritais pas un traitement de la sorte. Juliette restait les yeux rivés sur son téléphone tandis que mon cœur devenait de plus en plus lourd. J’ai dit mon cœur, pas mon ventre. Oui, vous m’avez compris.

 

Chapitre 2 – Refus et dérobades

« Nénuphar, je ne sais comment te le dire… nous faisons partie toi et moi, des chevaux préférés des Ecuries de la Belle Etoile.. nous avons travaillé dur pour nos acquis : nos couvertures d’hiver, un abri au pré… mais à vrai dire, depuis quelques temps, je n’ose te le dire… »

« Mais si dis-moi Cannelle ! » l’encourageais-je.

Cannelle faisait partie du troupeau du pré des merveilles, tout comme moi-même. Parmi les merveilles, on trouvait également Tempête, une nouvelle recrue qu’il fallait apprendre à connaître et Tahiti qu’il ne fallait plus chercher à comprendre. Je ne dirai pas que je m’étais étonné que Tempête soit arrivé jusqu’à notre pré mais c’est vrai qu’à part ces sa couleur noir de jais…. Il avait le don pour faire une série de rodéos déconcertants dés qu’une mouche s’envolait. Traduction : il passait vraiment beaucoup de temps à pointer ses postérieurs vers le ciel mais pour moi, c’était loin d’être une ballerine. Passons. Quant à Tahiti, il avait des origines percheronnes et une fâcheuse tendance à se la couler très douce. Il se faisait régulièrement offrir des massages par les cavaliers en peur de sensations fortes et en recherche d’un doudou perdu. Il arborait sa mine dite « peluche » en échange de gratouilles. Pour ça, il était merveilleusement fort ! Cannelle était la seule jument de notre cercle mais quelle jument ! Cette jeune palomino était une vraie lady. Sa détermination et son ambition…. Son élégance… lorsqu’elle bondissait les antérieurs pour décoller du sol avant d’atterrir avec grâce faisaient s’envoler tous les cœurs. Quand je dis tous les cœurs, oui, il est vrai que moi aussi, je la trouve très… Revenons à nos humains et surtout à la conversation !

« …Mes petits cavaliers se font de plus en plus électriques pour mon dos, leurs corps crispés et rigides me gênent pour m’envoler et leurs émotions.. n’en parlons pas. Elles pèsent des tonnes ! A la place d’un merci après tous mes efforts, ils m’envoient le flash de leur téléphone dans les yeux pour me prendre en photo et ils me tirent de plus belle sur la bouche comme si on faisait du tir à la corde. J’ai envie de faire la grève du saut et je rêve la nuit d’envoyer le petit Paul de l’autre coté de la barrière. Voilà, c’est dit ! » déclara Cannelle.

« Comment ça la grève du saut, Cannelle ? Dois-je comprendre que tu en es au point de penser au refus ? » Alors là… Si Cannelle s’y mettait…Je rentrais tout juste d’un cours de saut d’obstacle – sans câlin – sans carotte mais avec 122 likes instagram… Bref. J’avais tellement envie de lui répondre: «Moi si tu savais… j’ai envie de marcher sur le portable de la petite Juliette « sans faire exprès », de faire un petit rodéo au milieu de la piste pour voir sa tête et aussi, Cannelle, j’aimerais bien que tu… moi… » Oula je m’embrouille. Au lieu de cela, je repris mon air sérieux digne de Nénuphar le grand et fis un soupir nasal de compréhension, l’invitant à continuer.

« Tu vas me dire qu’il faut comprendre les petits cavaliers, qu’il faut leur apporter l’amour qu’ils n’ont pas, qu’il faut leur montrer ce dont la nature est capable… mais moi, je n’en peux plus. » ajouta Cannelle. Elle avait baissé son nez dans son poitrail et n’osait plus me regarder. Qu’elle était…

« A vrai dire, ma chère Cannelle, si j’ai pendant longtemps défendu la cause des petits cavaliers, je dois te dire que j’ai également noté quelques négligences de leur part… » osais-je. Les cils de Cannelle se mirent à frétiller et à me déconcentrer très sérieusement.

« Que je suis contente que tu le vois toi aussi… J’avais peur de passer pour la jument folle, tu comprends ? » me répondit Cannelle, les pupilles plus brillantes que jamais.C’est fou ce qu’un regard de Cannelle pouvait me donner des papillons au ventre alors que mes 1500 followers sur Instagram ne me donnaient ni chaud, ni froid !

« Cannelle, je pense à quelque chose. Voudrais-tu qu’on discute d’un plan d’action ensemble autour d’une bonne botte de paille ? » enchaînais-je.

« Volontiers Nénuphar ! » accepta-t-elle en faisant surfer sa crinière le long de son encolure. Et, nous nous éloignèrent en direction d’un coin de paille tranquille… et si possible avec vue sur la montagne, tels….. deux collaborateurs de travail profondément investis dans leur mission de sauver les humains…

Chapitre 3 – 4 chevaux et une merveilleuse idée

« Vous l’avez peut-être remarqué… Depuis quelques temps, fini les carottes, les câlins, les dos sont de plomb, les émotions pèsent plus que 10 selles en cuir réunies… on travaille comme des machines et on n’a pas un merci. Nos petits cavaliers ne nous regardent qu’en photo sur leurs portables et les cœurs vides sont vides comme un seau de granulés après le cours de saut d’obstacle. Cannelle et moi-même, avons dressé un bilan de changements significatifs qui nous fait penser que les humains sont atteint de ….. »

« STRESS ! » compléta Cannelle.

J’avais demandé vite fait, bien fait au troupeau du pré des merveilles de se retrouver sous notre chêne préféré pour une réunion d’urgence. Tempête avait fini par comprendre que quand je disais sous le chêne, ce n’était pas sous le bouleau et Tahiti avait pris son temps pour faire un mouvement de rotation de la botte de paille au cailloux près de la botte de paille, avait enclenché à son rythme, un pas en avant en direction du cailloux numéro 2… et je vous passe les détails. Il n’avait pas ressenti l’état d’urgence. Percheron toujours ! Pourtant, on avait besoin d’eux pour rejoindre notre cause.

« Tahiti, Tempête.. avec Cannelle, on vous propose de participer au combat contre le stress humain et pour le retour carottes et des câlins.» dis-je en appuyant ma collaboratrice.

Cannelle exprima son soutien par un vif mouvement du nez de bas en haut et vice versa. Des yeux pas très en face des trous s’envolèrent dans le ciel pour Tempête. Quant à Tahiti, c’est à peine s’il les avait ouvert, les yeux.

« Comme on les aime quand même, ces humains et qu’on sait qu’ils sont capables d’être vraiment gentils, on s’est dit qu’au lieu de les mettre à terre et de les faire tomber… on allait leur remettre les idées en place et combattre l’épidémie stress humain. » les motiva Cannelle

Elle parlait tellement bien avec sa crinière de vagues blondes ….

« Je vais laisser Nénuphar vous expliquer comment nous allons procéder.» renchérit-elle en me lançant les rênes de la conversation.

« Ah euh… oui… Il s’agit de les faire déconnecter de leur portable, de leurs peurs, de l’anxiété d’un contrôle surprise, de la colère après le divorce des parents, de la jalousie des bonnes notes de la petite soeur… en bref de tout ce qui les déconcentre quand ils viennent nous voir… et de les reconnectera nous, à leurs corps et à leur cœur. »

« C’est quoi un portable ? » demanda Tempête.

« Quel cœur ? Quel corps ?» ajouta Tahiti.

Comme vous le voyez, on était pas sortis de l’écurie.

Que vont faire Nénuphar, Cannelle, Tempête et Tahiti pour combattre le stress humain ? Quel est votre avis sur la question ?

Je serai heureuse d’avoir vos commentaires ! Ecrivez-moi à l’adresse suivante : antonia.eraud@gmail.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Publier des commentaires